EURO 2008: Des stars de l’EURO à la réception contre le racisme09 juin 2008

Plusieurs représentants de l’UEFA et du FARE (Football Against Racism in Europe) se sont rassemblés à Bâle avec des administrateurs, d'anciens footballeurs et des organisations non gouvernementales pour donner le coup d'envoi d'un programme de trois semaines contre le racisme à l’UEFA EURO 2008™. Ils ont affirmé leur soutien plein et entier à la campagne « Unis contre le racisme » au cours d'une réception organisée par le FARE et soutenue par le FRA (European Union Fundamental Rights Agency), le samedi 7 juin, dans le prestigieux hôtel Hilton de Bâle.

Senes Erzik, le vice-président de l’UEFA, soulignait : « Ce n’est probablement pas un signe très flatteur pour le football et la société dans son ensemble que nous soyons réunis ici, à quelques heures du match d'ouverture de l'UEFA EURO 2008™, pour lancer la campagne Unis contre le racisme. Je pense que nous nous accordons tous à dire que, dans un monde idéal, il n'y aurait pas besoin d’une telle campagne. Mais étant données les circonstances, j’estime qu’il est positif que les représentants de la famille du football et d’autres membres de la société se rassemblent pour s’unir contre le racisme au tout début du tournoi. Le racisme et la discrimination constituent des problèmes complexes qui prennent de nombreuses formes et des cibles variées. La discrimination s'exprime contre des personnes pour différentes raisons : la couleur de leur peau, nationalité, origine ethnique, préférence sexuelle, religion, sexe, etc. Ce n’est pas simplement un problème en noir et blanc. »

« Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur les violences verbales et physiques qui existent dans le monde, ainsi que dans le football », ajoutait Benedikt Weibel, déléguée de l’EURO au conseil fédéral suisse.

La campagne a déjà reçu le soutien de nombreux joueurs qui participent à la compétition de cette année, et notamment d'Alexander Frei, le capitaine de la Suisse, qui déclarait : « Le racisme et toutes les autres formes de discrimination n’ont pas leur place dans le football. C’est un sport qui peut s’affranchir des frontières et laisser de côté la couleur de peau et l’origine ethnique. »

Cet évènement a également permis à trois stars européennes et ambassadeurs du FARE de participer à une sessions de questions-réponses : Yves Eigenrauch, Ramon Vega, Paul Elliot et Anthony Baffoe en ont profité pour livrer leur expérience concernant les discriminations dont ils ont fait l’objet lorsqu’ils jouaient en Europe.

Autrefois capitaine de la Nati et star de la Premiership anglaise avec Tottenham, Vega est d’origine italienne. « J’ai joué au Royaume-Uni, que ce soit en Angleterre ou en Ecosse, ainsi qu’en France et en Italie, et j’ai subi des discriminations dans tous ces pays. Au Royaume-Uni, j’étais l’étranger : je me sentais isolé. En Italie aussi, j’étais la cible d’abus de la part des supporteurs, et même des autres joueurs professionnels. Mais le football est un grand facteur d’intégration. C’est pour cela que je suis ici, pour montrer ce que superbe sport peut réussir, lorsqu’il rassemble les gens et qu’il combat le racisme. »

De son côté, Elliot, ancien défenseur de Chelsea, du Celtic et de Bari, ajoutait : « La situation s'améliore concernant le problème du racisme dans le football, mais nous avons encore besoin de nous appuyer sur la loi et sa mise en application. Le football réunit les masses et aide à délivrer des messages sociaux importants. Je fais partie de la première génération de joueurs noirs au Royaume-Uni qui ont été victimes d’insultes de la pire sorte. Jeter des bananes, c'était la norme. Aujourd'hui, les choses sont différentes, mais tout le monde doit travailler ensemble, les individus et les agences comme le FARE, pour soutenir ce progrès. »

Ancien international ghanéen, Anthony Baffoe a été le premier joueur africain de la Bundesliga, lorsqu’il évoluait à Cologne. « J’ai utilisé l’humour et l’ironie pour combattre le racisme lorsque j’étais en Allemagne », commentait-il. « Certains supporteurs aimaient ça, d’autres non, mais cela m’a permis d’obtenir le respect. Aujourd’hui, il suffit de regarder les meilleurs joueurs d’Europe : beaucoup d’entre eux sont Africains. Drogba, Adebayor, Kanu… Ca me rend fier. »

Baffoe a évolué dans plusieurs pays, ce qui lui a permis de partager son expérience sur la manière dont le racisme des tribunes diffère d'un pays à l'autre. « Lorsque je jouais en France, le racisme était caché. Il a resurgit quand l’équipe nationale a commencé à aligner davantage de joueurs noirs. Les supporteurs disaient qu’ils n'encourageaient plus leur équipe, car ces joueurs n'étaient pas vraiment Français, alors qu'ils l'étaient : ils ont participé à démontrer combien la France était une société multiculturelle. »

« A Hong-Kong, les gens étaient ignorants, malgré les nombreuses origines ethniques qui composent sa population. On ne dévisageait tout le temps dans les transports publics : c’était difficile à vivre. »

Piara Powar, directeur de Kick It Out, membre britannique du réseau FARE, s’est également adressé à l’assemblée : « La dernière fois que nous nous sommes réunis au début d’un Championnat d’Europe, à Porto, nous avions de nombreux espoirs concernant ce que le réseau FARE était capable d’accomplir. Je suis ravi de dire qu'au fil de ces quatre dernières années, nous sommes parvenus à nous développer sur l'ensemble du continent, et que le réseau est aujourd'hui actif dans 38 pays. Nous avons atteint plusieurs de nos objectifs, mais la route est encore longue pour éradiquer une bonne fois pour toute notre sport du cancer du racisme. »

Le programme « Unis contre le racisme », coordonné par le FARE en collaboration avec l’UEFA et avec le soutien du FIFPro (syndicat international des joueurs), se déroulera pendant l’ensemble du tournoi. Il comprend un spot télévisé « Plusieurs langues, un seul but : Non au racisme » diffusé à chaque match, ainsi que des panneaux publicitaires aux rencontres et différentes activités pour les supporteurs. L'apogée de cette campagne culminera en demi-finale, où les capitaines d’équipe liront un message contre le racisme sur la pelouse.

Remarques
La campagne « Unis contre le racisme » à l’UEFA EURO 2008™ est menée par le réseau FARE (Football Against Racism in Europe) en partenariat avec l’UEFA et avec le soutien du FIFPro, le syndicat international des joueurs de football.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du FARE, disponible en français, anglais, allemand et italien, à l’adresse suivante : www.FAREnet.org.

Pour de plus amples informations sur le programme des Ambassades de supporteurs, rendez-vous sur www.fanguide2008.net.

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En anglais, veuillez contacter
Danny Lynch, Kick it Out (Londres), [email protected] Tél. +44 20 768 44 884 ou Portable 0044 777 903 6696

En allemand et pour les questions liées à l’Autriche
Bettina Surtmann, FairPlay-vidc (Vienne), [email protected] Tél. +43 1 713 35 94-86
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Pour les questions liées à la Suisse
Joni Kreutner, GRA-Fondation contre le racisme et l’anti-sémitisme (Zurich), [email protected]
Portable +41 76 394 00 88