Terrible nouvelle en provenance de l’Ukraine : des supporters antiracistes agressés par un groupe néonazi à Kiev17 août 2010

Le 15 août 2010, la rencontre de football de Première ligue ukrainienne opposant Arsenal (Kiev) à Volyn (Lutsk) a été ternie par la violente agression armée de supporters de football par un groupe néonazi juste après le match.

Pendant le match, des supporters d’Arsenal Kiev avaient déroulé des bannières antiracistes de soutien à des antifascistes russes arrêtés, démontrant ainsi pour la première fois en public leur position antiraciste. Juste après le match, alors qu’ils se dirigeaient vers la station de métro, 30 supporters d’Arsenal Kiev ont été attaqués par 50 néonazis, dont certains sont supporters du Dynamo Kiev. Cet incident dépasse le cadre des conflits 'normaux' dans le football : les agresseurs étaient armés de couteaux et de coups de poing et criaient les slogans « Heil Hitler » et « White Power ».

Pendant la bagarre, les néonazis ont attenté à la vie d’un antifasciste qui, gisant inconscient au sol, a été poignardé à trois reprises dans le dos, ses poumons étant transpercés. Après l’opération d’urgence, son état de santé s’est heureusement stabilisé. Amenée à l’hôpital une autre personne antifasciste souffrait d’une perte momentanée de la mémoire et de troubles cérébraux ; d’autres supporters d’Arsenal ont subi de multiples blessures. Juste après l’agression par les néonazis, la police a arrêté 4 personnes, dont l’une portait sur elle un couteau ensanglanté. Toutefois, les services de police du quartier de Pechersk ont refusé d’engager une action contre les agresseurs et conteste le fait que l’incident relève d’une violence idéologiquement motivée.

Néonazis
Une recherche sur Internet a révélé que l’agression avait été organisée par le groupe de hooligans d’extrême droiteTerror Family, dont certains membres néonazis actifs ont par le passé déjà été reconnus coupables de certaines infractions, notamment d’agressions sur des minorités ethniques et de hooliganisme. Ce groupe est responsable de nombreux symboles racistes rencontrés dans les tribunes du Dynamo de Kiev, du genre croix celtiques et croix gammées. En outre, certains de leurs sites Web contiennent des messages sur l’agression des '60 (!)' antifascistes, dont certains ont été supprimés par la suite.

Supporters d’Arsenal Kiev
L’Arsenal Kiev reste en Ukraine le seul club de Première Ligue dont les supporters affichent publiquement leur antifascisme. Une position qui leur a valu des confrontations avec des supporters d’autres clubs de football ukrainiens où les néonazis dominent. Même si les supporters d’Arsenal Kiev ont déjà fait l’objet d’agressions à mains armées auparavant, ce cas est sans précédent.

Intervention de la police
La police tente d’insinuer, à tort, que la bagarre a été arrangée au préalable entre les deux parties. Interrogé à l’hôpital, l’un des supporters antifascistes affirme que la police aurait usé de pression psychologique pour tenter d’obtenir un aveu démontrant que la bagarre a été organisée.

Ces faits montrent que la police tente de dissimuler les motifs idéologiques de l’agression contre les supporters d’Arsenal Kiev. Les autorités refusent absolument de reconnaître l’existence en Ukraine de bandes néonazies organisées qui commettent des agressions massives à mains armées près du centre de la capitale.